Les partis Horizons et MoDem, composantes du bloc central gouvernemental, expriment leurs doutes quant au financement des mesures budgétaires annoncées par le ministre Sébastien Lecornu. Ces mesures, présentées comme des concessions aux demandes du Parti socialiste, notamment sur le pouvoir d'achat, les étudiants et le logement, risquent, selon eux, de compromettre l'objectif de ramener le déficit public sous les 5 % du PIB en 2026.
Paul Christophe, chef des députés Horizons, souligne que ces concessions représentent plusieurs milliards d'euros d'économies moindres, dont le financement n'est pas clairement établi. Il met en garde contre une aggravation excessive de la fiscalité ou une dissimulation de la réalité budgétaire, affirmant qu'on ne peut simultanément augmenter les dépenses, viser un déficit contenu et prétendre à l'absence de conséquences fiscales.
Marc Fesneau, chef des députés MoDem, attend des clarifications de l'exécutif, particulièrement concernant le respect des objectifs de réduction du déficit. Il insiste sur la nécessité d'une responsabilité budgétaire qui ne soit pas la somme des désirs de chacun, et qui ne maintienne pas l'illusion d'une vie à crédit sans efforts concertés.
Parmi les mesures annoncées figure une augmentation moyenne de 50 euros de la prime d'activité pour plus de trois millions de ménages modestes, dont le coût annuel est estimé à environ 2 milliards d'euros. Le financement de ces mesures reste cependant flou, le Premier ministre s'étant montré évasif à ce sujet. Le ministre de l'Économie, Roland Lescure, a indiqué que des évaluations étaient en cours concernant une éventuelle surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises, une proposition soutenue par le PS mais rejetée par LR et Renaissance.